# Location avec option d’achat : comment bien préparer la levée d’option ?

La location avec option d’achat (LOA) représente aujourd’hui l’un des modes de financement automobile les plus plébiscités en France, avec près de 38% des véhicules neufs acquis selon cette formule en 2023. Ce succès s’explique par la flexibilité qu’elle offre : des mensualités maîtrisées pendant la période de location, puis un choix stratégique en fin de contrat. Pourtant, la décision de lever l’option d’achat ne doit jamais être prise à la légère. Entre valeur résiduelle, état du véhicule, négociations possibles et formalités administratives, plusieurs paramètres méritent une analyse approfondie. Une préparation rigoureuse permet non seulement d’éviter les mauvaises surprises financières, mais aussi d’optimiser cette opération sur les plans juridique et fiscal. Que vous soyez particulier ou professionnel, comprendre les mécanismes de la levée d’option transforme ce qui pourrait être un simple acte administratif en véritable levier d’optimisation patrimoniale.

## Comprendre le mécanisme juridique de la levée d’option en LOA

Avant d’envisager la levée d’option, il est essentiel de maîtriser le cadre juridique qui régit ce type d’opération. La LOA n’est pas un simple contrat de location : elle constitue un montage financier sophistiqué aux implications multiples. Cette compréhension préalable vous permettra d’anticiper vos droits, vos obligations et les conséquences de votre décision finale.

### Le contrat de crédit-bail mobilier : cadre légal articles L313-7 et suivants du Code monétaire et financier

Le crédit-bail mobilier, dont relève la LOA automobile, est strictement encadré par les articles L313-7 et suivants du Code monétaire et financier. Ce dispositif établit une distinction fondamentale : pendant toute la durée du contrat, le bailleur reste propriétaire du véhicule, tandis que vous n’en êtes que l’utilisateur contre le paiement de loyers. Cette configuration juridique a des conséquences pratiques importantes. Le bailleur conserve notamment l’obligation d’assurer le véhicule contre les risques de perte ou de destruction, même si contractuellement cette charge vous est souvent transférée. La levée d’option constitue juridiquement un acte de vente qui nécessite le respect de formalités précises, notamment l’établissement d’une facture et le transfert effectif de la propriété via la modification de la carte grise.

### Calcul de la valeur résiduelle et prix de rachat préétabli

La valeur résiduelle représente le montant que vous devrez débourser pour acquérir définitivement le véhicule en fin de contrat. Ce montant est fixé dès l’origine, lors de la signature de votre LOA, et figure obligatoirement dans vos conditions contractuelles. Il correspond généralement à une estimation de la valeur du véhicule après dépréciation, calculée selon plusieurs paramètres : le kilométrage prévu, la durée du contrat, le modèle et sa décote habituelle. Pour un contrat de 36 mois et 45 000 km, la valeur résiduelle oscille typiquement entre 35% et 45% du prix catalogue initial. Cette valeur n’est pas négociable a priori, mais comme nous le verrons plus loin, certaines marges de manœuvre existent dans la pratique. Comprendre ce mécanisme de calcul vous aide à évaluer si le rachat constitue une opportunité financière intéressante comparée à l’achat d’un véhicule similaire sur le marché de l’occasion.

### Différences entre LOA, LLD et crédit classique pour l’acquisition du véhicule

Trois principaux modes

de financement sont aujourd’hui utilisés pour acquérir un véhicule : la LOA, la location longue durée (LLD) et le crédit classique. La LOA et la LLD sont des contrats de location, mais seule la LOA prévoit une promesse unilatérale de vente au profit du locataire, matérialisée par l’option d’achat. En LLD, aucune levée d’option n’est possible : le véhicule doit être restitué au terme du bail, éventuellement avec la possibilité de souscrire un nouveau contrat sur un autre modèle.

À l’inverse, le crédit auto classique vous rend propriétaire du véhicule dès la livraison, même si vous continuez à rembourser l’emprunt. La différence est majeure au moment de la revente ou en cas de sinistre total : en crédit classique, vous pouvez céder la voiture librement sous réserve de solder le prêt, alors qu’en LOA ou LLD, toute cession nécessite l’accord du bailleur, propriétaire juridique du bien. La levée d’option vient précisément mettre fin à ce schéma locatif pour basculer sur une situation de pleine propriété, avec les droits (revente, modification du véhicule, etc.) mais aussi les charges correspondantes.

Les obligations du locataire selon l’article L312-2 du code de la consommation

La LOA est assimilée à une opération de crédit à la consommation et relève à ce titre des articles L312-2 et suivants du Code de la consommation. En pratique, cela signifie que l’établissement financier doit respecter un formalisme strict (information précontractuelle, offre de contrat, droit de rétractation), mais aussi que vous avez, en tant que locataire, un ensemble d’obligations précises. Vous devez notamment régler les loyers aux échéances convenues, utiliser le véhicule conformément au contrat (kilométrage, entretien) et souscrire les assurances requises, généralement une couverture tous risques au bénéfice du bailleur.

L’article L312-2 ouvre également la possibilité d’un remboursement anticipé dans certains montages assimilés au crédit, même si, en LOA, cette faculté se traduit plutôt par un rachat anticipé du véhicule via la levée d’option avant terme. Vous restez tenu des indemnités de résiliation et des loyers impayés en cas de défaillance, dans les limites posées par les articles L312-40 et D312-18 du même code. Avant de lever l’option d’achat, il est donc capital de vérifier que vous êtes à jour de toutes vos échéances et que vous avez respecté les conditions contractuelles (entretien, kilométrage), faute de quoi le bailleur pourrait conditionner la vente au règlement préalable de ces sommes.

Audit financier préalable à la décision de levée d’option

Une fois le cadre juridique de la LOA bien appréhendé, la deuxième étape pour préparer sereinement la levée d’option consiste à réaliser un véritable audit financier. L’objectif est simple : vérifier que le rachat du véhicule est économiquement pertinent par rapport au marché, compatible avec votre budget et que les coûts annexes n’annulent pas l’intérêt de l’opération. Cet exercice, qui ne prend souvent qu’une à deux heures, peut vous faire économiser plusieurs milliers d’euros.

Comparaison entre valeur résiduelle contractuelle et cote argus au moment de la levée

Le premier réflexe à adopter consiste à comparer la valeur résiduelle inscrite dans votre contrat avec la valeur de marché réelle du véhicule au moment où vous envisagez de lever l’option d’achat. Comment procéder concrètement ? Consultez la cote Argus officielle, mais aussi des plateformes d’annonces de véhicules d’occasion pour votre modèle, votre motorisation et un kilométrage équivalent. N’hésitez pas à filtrer par année de mise en circulation et par niveau de finition pour affiner la comparaison.

Si la valeur résiduelle est significativement inférieure à la cote du marché, la levée d’option apparaît souvent comme une bonne affaire : vous rachetez votre voiture en dessous de sa valeur de revente potentielle, ce qui vous laisse une marge de manœuvre si vous souhaitez la revendre rapidement. À l’inverse, si la valeur résiduelle est supérieure de 10 à 20% au marché, mieux vaut vous interroger : est-il plus rationnel de restituer le véhicule et d’acheter un modèle équivalent en occasion ? Cette comparaison objective constitue la base de toute décision de levée d’option en LOA.

Évaluation du taux d’endettement et capacité de financement complémentaire

Lever l’option d’achat revient à financer le paiement de la valeur résiduelle, soit sur vos fonds propres, soit via un crédit complémentaire. Avant de vous engager, prenez le temps de recalculer votre taux d’endettement en intégrant l’éventuelle nouvelle mensualité de crédit. En France, les établissements financiers considèrent généralement qu’au-delà de 35% de taux d’endettement, la situation devient risquée, même si ce seuil doit être apprécié au regard de votre reste à vivre.

Posez-vous les bonnes questions : le rachat du véhicule ne va-t-il pas vous empêcher de financer d’autres projets (immobilier, travaux, études des enfants) dans les deux à trois ans ? Votre situation professionnelle est-elle suffisamment stable pour supporter cette charge supplémentaire ? Une analogie simple peut aider : considérez votre capacité de remboursement comme un réservoir. La levée d’option correspond à y ajouter une nouvelle canalisation ; assurez-vous que le débit total reste soutenable sans assécher vos liquidités.

Analyse des coûts cachés : frais de dossier, carte grise et taxes afférentes

La valeur résiduelle ne représente pas le coût total de la levée d’option. Plusieurs frais annexes viennent s’y ajouter et peuvent peser lourd dans la balance. D’abord, certains organismes facturent des frais de dossier pour la mise en place d’un financement complémentaire ou pour la formalisation de la vente en fin de contrat. Leur montant varie généralement entre 100 et 300 €, mais peut être négocié ou parfois offert.

Ensuite, vous devrez supporter le coût de la nouvelle carte grise à votre nom, calculé en fonction de la puissance fiscale, de votre région et du type d’énergie (bonus/malus éventuel, taxe CO2 pour certains véhicules puissants). À cela s’ajoutent, le cas échéant, des frais de taxes sur les véhicules de société (TVS ou nouvelle taxe annuelle pour les entreprises) si vous êtes professionnel. En cumulant ces postes, on constate souvent un surcoût de 500 à 1 500 € par rapport à la seule valeur résiduelle. Intégrer ces coûts cachés dans votre calcul global est indispensable pour décider en connaissance de cause.

Solutions de refinancement : prêt personnel, crédit affecté ou apport personnel

Si vous ne disposez pas de la trésorerie suffisante pour régler la valeur résiduelle comptant, plusieurs solutions de financement s’offrent à vous. Le prêt personnel non affecté présente l’avantage de la souplesse : vous restez libre de l’utilisation des fonds, avec souvent des délais de mise en place rapides. En revanche, le taux peut être légèrement plus élevé qu’un crédit affecté auto, surtout pour des durées longues.

Le crédit affecté, proposé par le constructeur ou une banque partenaire, est directement lié à l’achat du véhicule issu de la LOA. Il bénéficie parfois de taux promotionnels, mais implique que la vente est annulée si le financement n’est pas accordé. Enfin, vous pouvez décider de mobiliser un apport personnel plus important, par exemple en puisant dans une épargne de précaution excédentaire. Là encore, tout est question d’équilibre : il ne s’agit pas de mettre à nu votre épargne de sécurité pour financer un bien qui reste par nature dépréciatif. Un montage hybride, combinant apport raisonnable et crédit sur une durée maîtrisée (36 à 60 mois), permet souvent de lisser l’effort financier sans fragiliser votre budget.

Inspection technique et état du véhicule avant rachat définitif

Au-delà des chiffres, la pertinence de la levée d’option dépend aussi très concrètement de l’état réel de votre véhicule. Un modèle affichant une valeur résiduelle attractive mais nécessitant 3 000 € de réparations lourdes n’aura pas le même intérêt. Avant de signer le bon de commande pour le rachat, il est donc crucial d’organiser une inspection technique minutieuse, idéalement contradictoire, pour objectiver l’état du bien et anticiper les frais à venir.

Rapport d’expertise contradictoire avec le bailleur financier

Dans la plupart des contrats de LOA, un état du véhicule est réalisé au moment de la restitution en cas de non-levée d’option. Lorsque vous envisagez, au contraire, de racheter la voiture, il peut être pertinent de demander un rapport d’expertise contradictoire avec le bailleur. L’idée est de faire intervenir un professionnel indépendant (expert auto, réseau agréé) qui évaluera l’état mécanique et carrosserie du véhicule en votre présence et, si possible, en présence d’un représentant du bailleur ou de son prestataire.

Ce rapport détaillera les éventuels défauts majeurs (boîte de vitesses, moteur, électronique, corrosion) et les opérations à prévoir à court terme (distribution, pneus, freins, amortisseurs). Pourquoi cette étape est-elle stratégique ? D’abord, elle vous permet d’intégrer le coût prévisionnel des travaux dans votre réflexion financière. Ensuite, elle peut servir de base de discussion avec l’organisme de financement pour obtenir un ajustement de la valeur résiduelle ou un geste commercial, notamment si certains défauts excèdent ce que l’on pourrait qualifier d’usure normale.

Vérification kilométrique et pénalités de dépassement contractuel

Le kilométrage parcouru est un paramètre central en LOA. Votre contrat prévoit un forfait kilométrique (par exemple 45 000 km sur 36 mois), avec des pénalités en cas de dépassement (de l’ordre de 0,05 à 0,20 €/km supplémentaire selon les marques). Si vous restituez le véhicule sans lever l’option, ces pénalités sont facturées. En cas de rachat, la logique est différente : le bailleur n’applique généralement pas ces frais puisque vous devenez propriétaire du véhicule.

Pour autant, un kilométrage très supérieur à celui prévu contractuellement impacte directement la valeur réelle du véhicule sur le marché de l’occasion et doit vous inciter à la prudence. Un modèle de 3 ans affichant 90 000 km plutôt que 45 000 km connaîtra une décote plus forte et pourra nécessiter des frais d’entretien plus rapprochés. À l’inverse, si vous êtes largement en dessous du forfait, vous avez quelque part « surpayé » la location et le rachat peut s’avérer particulièrement rentable, car la voiture sera mieux valorisée qu’anticipé lors de la fixation de la valeur résiduelle.

Identification des dégradations hors usure normale selon les critères FCA

Les bailleurs s’appuient sur des grilles d’évaluation de l’usure normale, fréquemment inspirées des standards constructeurs (par exemple ceux du groupe FCA/Stellantis ou d’autres labels professionnels). Rayures profondes, jantes fortement abîmées, pare-chocs fissuré, sellerie brûlée ou tachée : autant de dégradations considérées comme hors usure normale et susceptibles de générer des facturations en cas de restitution du véhicule en LOA.

Si vous envisagez la levée d’option, l’intérêt de cette analyse reste double. D’une part, elle vous permet d’estimer le coût des remises en état que vous devrez assumer à court terme, même en tant que propriétaire. D’autre part, elle peut nourrir votre argumentaire lors d’une éventuelle négociation avec le bailleur : si des dégradations importantes sont relevées, certains organismes acceptent parfois de moduler la valeur résiduelle ou d’accorder une remise équivalente aux frais de réparation pour sécuriser la vente. Comme dans un état des lieux de sortie pour un logement, disposer d’un constat précis et documenté limite les risques de désaccord ultérieur.

Négociation des conditions de rachat avec l’organisme prêteur

Beaucoup de conducteurs pensent, à tort, que la valeur résiduelle inscrite au contrat est gravée dans le marbre et qu’aucune marge de discussion n’est possible. Dans la pratique, les établissements de financement comme Stellantis Financial Services ou BNP Paribas Leasing Solutions font parfois preuve de flexibilité, surtout lorsque la conjoncture du marché de l’occasion évolue ou que l’état du véhicule s’écarte significativement des hypothèses initiales. Préparer une stratégie de négociation peut donc se révéler payant.

Stratégies de renégociation du prix résiduel avec stellantis financial services ou BNP paribas leasing solutions

La première étape consiste à rassembler vos éléments de comparaison externes : impressions écran d’annonces de véhicules similaires, estimation de reprise d’un concessionnaire, cote Argus personnalisée. Si ces références montrent que le marché valorise votre voiture à un niveau inférieur à la valeur résiduelle, vous disposez d’un argument solide pour demander un réajustement du prix de rachat. N’hésitez pas à formuler une demande écrite, structurée, en exposant calmement vos constats.

Avec des acteurs comme Stellantis Financial Services ou BNP Paribas Leasing Solutions, la réponse dépendra de leurs politiques internes, de la demande sur le marché de l’occasion pour votre modèle et de votre historique (ancienneté client, incidents de paiement). La négociation ressemble ici à celle d’une promesse de vente immobilière : plus vous arrivez préparé, avec des éléments chiffrés, plus vos chances d’obtenir un alignement, même partiel, augmentent. Gardez toutefois à l’esprit que certains bailleurs refuseront toute remise sur la valeur résiduelle mais pourront proposer d’autres avantages (frais offerts, conditions de financement bonifiées).

Obtention d’un geste commercial sur les réparations mineures à prévoir

Si la valeur résiduelle ne peut pas être revue à la baisse, une autre piste consiste à demander un geste commercial sur les frais périphériques liés au rachat. Par exemple, certains réseaux acceptent de prendre en charge une partie des réparations mineures à réaliser avant la revente (polissage de carrosserie, reprise de petites rayures, remplacement de pneus usés) ou d’offrir une extension de garantie constructeur sur 12 ou 24 mois.

Vous pouvez également solliciter la gratuité des frais de dossier de financement, un entretien offert ou une participation au coût de la carte grise. Ces montants peuvent sembler modestes pris isolément, mais cumulés, ils améliorent sensiblement l’équation financière de la levée d’option en LOA. Là encore, la clé reste la transparence : exposez clairement les travaux identifiés lors de l’expertise et montrez que vous êtes prêt à conclure le rachat si un effort est consenti. Les établissements préfèrent souvent sécuriser une vente certaine plutôt que de récupérer un véhicule à remettre en stock.

Modalités de paiement : comptant, échelonnement ou crédit ballon

Au moment de finaliser la levée d’option, plusieurs modalités de paiement peuvent vous être proposées. Le règlement comptant de la valeur résiduelle est évidemment la solution la plus simple et la moins coûteuse en intérêts, mais elle suppose de disposer de la trésorerie nécessaire. À défaut, l’organisme financeur ou votre banque pourront vous orienter vers un crédit classique ou un crédit ballon, qui permet de conserver une mensualité réduite en reportant une partie du capital à une échéance finale.

Le crédit ballon fonctionne en quelque sorte comme une mini-LOA après la LOA : vous payez essentiellement les intérêts et une portion du capital, puis vous réglez un montant plus important au terme si vous conservez le véhicule. Cette solution peut être intéressante pour lisser les flux de trésorerie à court terme, mais elle renchérit le coût global du financement. Avant de trancher, faites établir plusieurs simulations détaillant le montant total dû, les intérêts et les assurances éventuelles. Comme pour un prêt immobilier, comparer le coût total de l’opération plutôt que la seule mensualité est indispensable pour faire un choix éclairé.

Formalités administratives et transfert de propriété

Une fois la décision de lever l’option d’achat arrêtée et les modalités financières validées, reste à accomplir les formalités administratives permettant de matérialiser le transfert de propriété. Même si ces démarches sont aujourd’hui largement dématérialisées, elles répondent à un formalisme précis. Les anticiper vous évitera des retards, voire des situations d’irrégularité (carte grise non à jour, assurance mal adaptée) qui peuvent être sanctionnées lors d’un contrôle routier.

Constitution du dossier : certificat de non-gage, quitus de paiement et demande de carte grise

Dans le cas d’un véhicule déjà immatriculé en France et resté la propriété de l’organisme de financement, celui-ci doit vous remettre un certificat de situation administrative (souvent appelé certificat de non-gage) attestant qu’aucune opposition ne pèse sur la voiture (gage, saisie, amende impayée bloquant la cession). Ce document est indispensable pour enregistrer le changement de titulaire auprès de l’administration.

Si le véhicule a été importé ou si le bailleur est établi dans un autre pays de l’Union européenne, un quitus fiscal délivré par l’administration des impôts pourra également être requis pour prouver que la TVA a bien été acquittée. Vous devrez enfin constituer un dossier complet de demande de carte grise à votre nom (justificatif d’identité, de domicile, permis de conduire, attestation d’assurance, ancien certificat d’immatriculation barré et signé par le bailleur le cas échéant). Certains loueurs ou concessionnaires proposent de gérer ces démarches pour votre compte, moyennant des frais de prestation.

Procédure ANTS et télédéclaration du changement de titulaire

Depuis la généralisation des procédures dématérialisées, le changement de titulaire de la carte grise s’effectue via le site de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés) ou par l’intermédiaire d’un professionnel habilité. Vous disposez en principe d’un délai d’un mois à compter de la date de la vente (figurant sur la facture de levée d’option) pour effectuer cette démarche. Passé ce délai, vous vous exposez à une amende en cas de contrôle.

La télédéclaration consiste à créer ou utiliser votre compte ANTS, sélectionner la démarche « Je souhaite faire une autre demande » puis « Changement de titulaire », et téléverser l’ensemble des pièces justificatives scannées. Une fois la demande validée, vous obtenez un certificat provisoire d’immatriculation (CPI) vous permettant de circuler en attendant la réception de la nouvelle carte grise définitive par courrier sécurisé. Veillez à vérifier soigneusement les informations saisies (nom, adresse, caractéristiques du véhicule) pour éviter des retards liés à des corrections ultérieures.

Mise à jour du contrat d’assurance automobile en passage propriétaire

La levée d’option modifie la nature de votre lien avec le véhicule : vous passez de simple locataire à propriétaire. Cette évolution doit impérativement être signalée à votre assureur. Dans la plupart des cas, le numéro d’immatriculation reste identique, mais le titulaire du certificat d’immatriculation change, ce qui peut avoir un impact sur les garanties, les franchises ou, plus rarement, sur le tarif.

Profitez de cette mise à jour pour réexaminer vos besoins : souhaitez-vous conserver une assurance tous risques complète ou basculer sur une formule intermédiaire si le véhicule a déjà plusieurs années ? Avez-vous intérêt à souscrire une garantie « valeur à neuf » ou « valeur d’achat » pour sécuriser votre investissement en cas de sinistre total dans les premières années suivant le rachat ? Un ajustement bien pensé de votre contrat peut constituer un complément utile à la stratégie globale de levée d’option en LOA.

Optimisation fiscale et comptable de la levée d’option

Pour un particulier, la levée d’option relève surtout d’un choix patrimonial et budgétaire. Pour une entreprise ou un professionnel libéral, elle revêt en plus une dimension fiscale et comptable à ne pas négliger. Le traitement de la valeur résiduelle, la récupération éventuelle de TVA et les modalités d’amortissement du véhicule racheté peuvent influencer sensiblement le coût net de l’opération et le résultat imposable.

Traitement comptable en immobilisation corporelle selon le plan comptable général

Lorsque la levée d’option est exercée par une entreprise, le véhicule sort du hors-bilan (où il figurait en tant que bien loué) pour être inscrit à l’actif immobilisé, généralement au compte 2183 – Matériel de transport du plan comptable général. La valeur d’entrée de l’immobilisation correspond, en principe, au prix de rachat effectivement payé, c’est-à-dire la valeur résiduelle TTC (ou HT si TVA récupérable) portée sur la facture émise par l’organisme de crédit-bail.

Cette inscription à l’actif s’accompagne de la mise en place d’un plan d’amortissement, souvent linéaire, sur une durée reflétant la durée probable d’utilisation restante du véhicule (par exemple 3 à 5 ans selon son âge et son kilométrage). Les loyers de LOA passés restent, quant à eux, comptabilisés en charges d’exploitation sur les exercices antérieurs et ne sont pas retraités. Cette bascule comptable transforme donc une charge locative en charge d’amortissement, ce qui peut être intéressant pour lisser le coût du véhicule sur plusieurs exercices.

Déductibilité de la TVA sur la valeur résiduelle pour les professionnels

La question de la TVA sur la levée d’option est particulièrement sensible. En matière de véhicules de tourisme, la TVA n’est en principe pas récupérable ni sur les loyers de LOA ni sur la valeur résiduelle, sauf exceptions (auto-écoles, taxis, VTC, sociétés de location, etc.). En revanche, pour les véhicules utilitaires (VUL, fourgons, certains pick-up), la TVA grevant les loyers et la valeur résiduelle peut être déduite, sous réserve d’un usage strictement professionnel et d’une affectation correcte dans la comptabilité.

Concrètement, si vous rachetez un véhicule utilitaire pour une valeur résiduelle de 15 000 € HT, vous pourrez récupérer les 3 000 € de TVA (20%) sur votre déclaration de TVA, ce qui réduit d’autant le coût net du rachat. À l’inverse, un véhicule de tourisme acquis en levée d’option pour 15 000 € TTC ne permettra aucune déduction, sauf cas particuliers. Avant de décider, il est donc judicieux de solliciter l’avis de votre expert-comptable ou de votre fiscaliste pour sécuriser le traitement applicable à votre situation.

Amortissement du bien acquis et impact sur le résultat fiscal de l’entreprise

Une fois le véhicule inscrit à l’actif, l’amortissement vient réduire progressivement votre résultat imposable, dans la limite des plafonds fiscaux applicables aux véhicules de tourisme. Ces plafonds varient en fonction des émissions de CO2 : pour un véhicule faiblement émetteur, la base d’amortissement déductible peut aller jusqu’à 30 000 €, alors qu’elle sera limitée à 9 900 € pour un modèle très polluant. Les véhicules utilitaires, eux, ne sont pas soumis à ces plafonds.

En pratique, l’amortissement permet de compenser partiellement, sur plusieurs exercices, le coût de la levée d’option. Par exemple, un véhicule racheté 18 000 € HT et amorti linéairement sur 4 ans génèrera une dotation aux amortissements de 4 500 € par an, venant réduire d’autant votre bénéfice imposable. Selon votre taux d’impôt sur les sociétés ou d’impôt sur le revenu, l’économie fiscale peut être significative. Là encore, une simulation chiffrée, intégrant la récupération éventuelle de TVA et les plafonds de déductibilité, vous aidera à arbitrer entre la restitution du véhicule et sa conservation via la levée d’option.