« C’est quand qu’on arrive ? » Pour de nombreux parents, cette phrase fait presque partie du départ en vacances. Lorsqu’un trajet dure plusieurs heures, maintenir l’attention des enfants devient un exercice d’équilibre entre jeux, discussions, musique, histoires et écrans. Une étude menée auprès de parents d’enfants de 3 à 10 ans montre que les familles privilégient aujourd’hui une combinaison d’activités, avec une volonté très nette de ne pas faire de la tablette ou du smartphone la seule solution contre l’ennui.

Avant même le départ, le trajet fait partie de l’organisation des vacances

Choisir une destination familiale ne consiste pas uniquement à comparer les hébergements, les activités ou la météo. Pour certains parents, la durée et la difficulté du trajet entrent directement dans la décision.

36 % déclarent avoir déjà choisi une destination plus proche parce qu’ils redoutaient les difficultés susceptibles de survenir pendant le voyage avec leurs enfants.

La question du transport lui-même peut également intervenir : 32 % disent avoir déjà évité certains modes de déplacement pour cette raison.

26 %

des parents ont déjà renoncé à un voyage à cause des difficultés anticipées pendant le trajet avec leurs enfants.

Le trajet n’est donc pas toujours considéré comme une simple étape avant les vacances. Dans certaines familles, il peut modifier le projet lui-même.

Les 3-5 ans donnent le plus de fil à retordre

Quand les parents doivent identifier la période la plus compliquée pour gérer l’ennui pendant plusieurs heures de transport, une tranche d’âge ressort nettement.

39 % citent les enfants de 3 à 5 ans.

À cet âge, l’enfant réclame déjà beaucoup d’interactions mais ne possède pas encore toujours l’autonomie nécessaire pour rester longtemps concentré sur une même activité.

Période jugée la plus difficile Réponses
Avant 3 ans 22 %
De 3 à 5 ans 39 %
De 6 à 10 ans 17 %
Cela dépend surtout de l’enfant 22 %

La première occupation ne tient ni dans une tablette ni dans un sac

Que font alors les parents lorsque les kilomètres commencent à défiler ? La réponse la plus fréquente est aussi la plus simple : ils parlent avec leurs enfants.

66 % déclarent utiliser la conversation pour faire passer le temps.

La musique arrive ensuite avec 60 %, devant les livres ou bandes dessinées, proposés par 49 % des parents.

Autre pratique particulièrement simple : 48 % invitent leurs enfants à regarder le paysage et à s’intéresser à ce qui les entoure.

Le trio de tête : discussion 66 %, musique 60 %, livres et BD 49 %.

Transformer le trajet en jeu reste une méthode largement utilisée

Les longs déplacements offrent également un terrain idéal pour les jeux qui ne demandent pratiquement aucun matériel.

Devinettes, petit bac, « ni oui ni non », jeux d’observation ou blind tests : 43 % des parents organisent des jeux en famille pendant leurs trajets.

Et l’efficacité semble au rendez-vous. 65 % considèrent que les jeux verbaux permettent efficacement d’occuper les enfants.

Dans le détail, 14 % les jugent très efficaces et 51 % assez efficaces.

Pourquoi les jeux verbaux sont-ils pratiques en voyage ?

Ils ne nécessitent généralement aucun matériel, peuvent commencer et s’arrêter à tout moment et permettent d’adapter facilement les règles à l’âge des enfants.

La tablette n’est plus le réflexe numéro un

Les écrans restent présents dans les trajets familiaux, mais ils sont loin d’être la solution la plus fréquemment citée.

38 % des parents déclarent utiliser au moins un écran pour occuper leurs enfants.

La tablette est citée par 20 %, la console de jeux par 17 % et le smartphone par 16 %.

Plus intéressant encore : la proportion de parents utilisant des écrans pendant les longs trajets diminue par rapport aux précédentes mesures. Elle était de 45 % en 2024, puis de 49 % en 2025, avant de revenir à 38 % en 2026.

38 %

utilisent des écrans pendant les longs trajets, contre 49 % lors de la précédente mesure.

Beaucoup de parents gardent l’écran comme solution de seconde partie de trajet

Autoriser un écran ne signifie pas nécessairement le sortir dès que la voiture quitte le domicile.

En voiture, 72 % des parents finissent par autoriser les écrans, mais seulement 6 % les proposent dès le départ.

25 % les autorisent dans les trente premières minutes. À l’inverse, 22 % attendent environ une heure et 25 % deux heures ou davantage.

28 % déclarent ne jamais les autoriser lors d’un trajet en voiture.

En avion, les écrans apparaissent généralement plus tôt

Le comportement change légèrement selon le moyen de transport.

Mode de transport Autorisent les écrans Dans les 30 premières minutes
Voiture 72 % 25 %
Train 73 % 34 %
Avion 70 % 39 %

Les écrans sont donc davantage introduits rapidement en avion, alors que les parents semblent les retarder plus longtemps en voiture.

Les histoires audio trouvent leur place entre le livre et l’écran

Une autre solution prend une place importante dans les habitudes familiales : l’audio.

Conteuses, podcasts et livres audio ont déjà été utilisés par 78 % des parents interrogés lors de longs trajets.

24 % déclarent les utiliser souvent et 37 % de temps en temps. Au total, 61 % y ont donc recours au moins occasionnellement.

78 %

ont déjà utilisé une conteuse, un livre audio ou un podcast pour occuper leurs enfants pendant un trajet.

L’intérêt de ces contenus tient notamment à leur position intermédiaire : ils racontent une histoire et captent l’attention sans demander à l’enfant de rester devant une image animée.

L’audio semble particulièrement adapté aux enfants de 3 à 5 ans

La tranche d’âge que les parents considèrent comme la plus difficile à occuper est justement celle où les contenus audio sont les plus présents.

84 % des parents ayant au moins un enfant de 3 à 5 ans ont déjà utilisé une solution audio pendant un trajet.

67 % le font au moins de temps en temps.

Chez les familles comprenant un enfant de 6 à 10 ans, 76 % ont déjà utilisé ces formats et 58 % les utilisent au moins de temps en temps.

En vacances, 9 parents sur 10 veulent limiter les écrans de leurs enfants

L’usage ponctuel de la tablette ou du smartphone pendant un voyage cohabite avec une volonté très forte de réduire l’exposition aux écrans pendant les vacances.

90 % des parents déclarent essayer de limiter leur utilisation par leurs enfants.

64 % indiquent qu’ils y parviennent correctement. En revanche, 26 % reconnaissent essayer sans réellement réussir à atteindre leur objectif.

Les adultes s’imposent également cette contrainte : 82 % essaient de réduire leur propre usage des écrans pendant les vacances.

Cette différence entre les intentions et les usages montre pourquoi les alternatives comme les jeux, livres ou contenus audio deviennent particulièrement importantes pendant les déplacements.

Le comportement des enfants peut devenir une source de pression sociale

Un trajet difficile ne provoque pas seulement de la fatigue. Dans un train ou un avion, les réactions des autres voyageurs peuvent également peser sur les parents.

38 % déclarent que le regard des autres les conduit à se montrer plus stricts avec leurs enfants.

33 % reconnaissent avoir déjà eu honte face aux autres voyageurs à cause du comportement de leur enfant.

Une proportion identique affirme désespérer facilement lorsque les enfants s’ennuient pendant ces déplacements.

Quand anticiper le trajet devient aussi important que préparer les valises

L’ensemble de ces comportements fait apparaître une logique assez claire : les familles ne semblent plus compter sur une activité unique pour traverser plusieurs heures de voyage.

Un trajet peut ainsi débuter par une discussion, se poursuivre avec de la musique ou un jeu d’observation, puis laisser place à un livre, une histoire audio et éventuellement un écran.

Quelques idées utilisées par les parents :
  • discuter avec les enfants ;
  • préparer une playlist familiale ;
  • emporter livres et bandes dessinées ;
  • inventer des jeux d’observation ;
  • prévoir quelques jouets faciles à transporter ;
  • écouter des histoires ou des podcasts ;
  • garder éventuellement les écrans pour une étape plus avancée du trajet.

L’ennui n’est finalement pas toujours un problème à supprimer immédiatement

La volonté d’occuper les enfants pendant tout le trajet pourrait laisser penser qu’une minute d’ennui doit impérativement être évitée.

Pourtant, les pratiques observées montrent plutôt que les parents cherchent à créer une alternance entre les moments d’interaction, les activités autonomes et les périodes plus calmes.

Observer le paysage, écouter une histoire ou simplement discuter contribue ainsi à donner une autre fonction au temps de trajet.

Le voyage devient alors une partie des vacances plutôt qu’une période qu’il faudrait uniquement faire passer le plus vite possible.

Ce qu’il faut retenir avant un long départ

Les résultats dessinent moins une opposition entre parents « avec écrans » et parents « sans écrans » qu’une recherche de compromis.

Les solutions traditionnelles restent très présentes. La conversation domine, les livres résistent et les jeux familiaux continuent de fonctionner. Dans le même temps, les contenus audio fournissent une option supplémentaire, tandis que les écrans sont souvent conservés pour les moments où les autres occupations commencent à perdre leur efficacité.

Pour préparer un long voyage avec des enfants, la meilleure stratégie semble donc être la variété : plusieurs petites activités adaptées à différents moments du trajet plutôt qu’une seule occupation censée durer plusieurs heures.

Questions fréquentes

Quel est l’âge le plus compliqué pendant un long trajet ?

39 % des parents considèrent que les enfants de 3 à 5 ans sont les plus difficiles à occuper. 22 % estiment néanmoins que cela dépend avant tout de chaque enfant.

Comment les parents occupent-ils le plus souvent leurs enfants ?

La discussion arrive en tête avec 66 %, devant la musique à 60 %, les livres ou BD à 49 % et l’observation du paysage à 48 %.

Les écrans sont-ils souvent utilisés en voiture ?

72 % des parents voyageant en voiture les autorisent à un moment du trajet, mais seuls 25 % les proposent au cours des trente premières minutes.

Les histoires audio peuvent-elles remplacer les écrans ?

Elles constituent en tout cas une alternative largement adoptée : 78 % des parents ont déjà utilisé des conteuses, livres audio ou podcasts lors de longs trajets.

Les parents essaient-ils de diminuer les écrans pendant les vacances ?

Oui. 90 % déclarent essayer d’en limiter l’usage chez leurs enfants, et 64 % estiment y parvenir correctement.

À propos de l’enquête

Les données citées proviennent du Sondage OpinionWay pour Tonies consacré à la gestion de l’ennui des enfants pendant les trajets des vacances d’été.

L’enquête a été menée auprès de 1 011 parents d’enfants âgés de 3 à 10 ans, constituant un échantillon représentatif de la population française concernée.

Les interviews ont été réalisées en ligne entre le 27 avril et le 13 mai 2026.