La hausse des dépenses liées à l’automobile ne pousse pas seulement les Européens à chercher des véhicules moins chers. Elle transforme directement leur façon de se déplacer. Trajets supprimés, voiture conservée plus longtemps, marche et vélo davantage utilisés, entretien parfois différé : le Sondage OpinionWay pour AramisAuto montre que la contrainte budgétaire s’installe désormais au cœur des choix de mobilité.
95 %
des automobilistes européens considèrent que se déplacer coûte de plus en plus cher.
Le budget devient le premier filtre des déplacements
La mobilité reste une nécessité, mais son coût est devenu difficile à ignorer. Dans les sept pays européens étudiés, 95 % des automobilistes constatent une augmentation du coût des déplacements.
Cette perception est particulièrement homogène d’un pays à l’autre. En France, 96 % des automobilistes partagent ce constat. Ils sont 98 % en Italie, 96 % en Espagne, 95 % en Allemagne et en Belgique.
Cette quasi-unanimité indique que la question du pouvoir d’achat ne concerne plus seulement l’achat d’une voiture. Elle touche désormais l’ensemble de son utilisation : carburant, maintenance, réparations et déplacements quotidiens.
Moins de sorties plutôt qu’une disparition de la voiture
Face à la hausse des dépenses, les conducteurs commencent par agir sur ce qu’ils peuvent ajuster immédiatement : la fréquence de leurs déplacements.
Près de deux automobilistes européens sur trois, soit 64 %, déclarent avoir récemment réduit leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.
En France, cette stratégie est encore plus répandue puisque 76 % des automobilistes disent avoir diminué certains trajets.
Une mobilité plus sélective : plutôt que d’abandonner complètement la voiture, de nombreux ménages semblent distinguer davantage les déplacements indispensables de ceux qui peuvent être supprimés ou reportés.
Pourquoi la voiture reste-t-elle si difficile à remplacer ?
Réduire ses déplacements ne signifie pas nécessairement pouvoir renoncer à son véhicule.
88 % des automobilistes européens déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.
En France et en Italie, cette proportion atteint 91 %. Elle s’établit à 90 % en Allemagne et en Autriche.
Cette dépendance permet de mieux comprendre le paradoxe qui ressort de l’étude : les automobilistes veulent réduire leurs dépenses, mais disposent rarement d’une solution permettant d’éliminer entièrement le coût automobile.
La voiture est-elle devenue un luxe ?
Pour 80 % des automobilistes européens, oui. Cette perception atteint même 86 % en France. La voiture reste donc indispensable pour beaucoup tout en étant considérée comme financièrement de plus en plus difficile à assumer.
Quand le plein devient plus cher, le vélo et la marche gagnent du terrain
La réduction des trajets automobiles s’accompagne d’un autre phénomène : le recours plus fréquent aux alternatives peu coûteuses.
54 % des automobilistes européens déclarent utiliser davantage les mobilités douces, notamment la marche et le vélo, en raison de contraintes financières.
Cette proportion atteint :
- 58 % en Espagne ;
- 57 % au Royaume-Uni ;
- 56 % en Allemagne ;
- 54 % en France ;
- 52 % en Autriche.
Le changement des habitudes de mobilité n’est donc pas uniquement guidé par les préoccupations environnementales. Le prix joue également un rôle très concret dans le choix du mode de déplacement.
Les transports en commun deviennent aussi une solution d’économie
Pour certains automobilistes, l’alternative passe par les réseaux de transports collectifs.
36 % des conducteurs européens déclarent les utiliser davantage en raison de contraintes financières.
Les écarts entre pays sont toutefois importants. Cette proportion atteint 53 % en Espagne, 44 % au Royaume-Uni, mais seulement 26 % en Italie.
La capacité à remplacer la voiture dépend donc aussi fortement des infrastructures disponibles autour du lieu de résidence.
Garder sa voiture plus longtemps devient une stratégie budgétaire
Les automobilistes ne modifient pas seulement leurs trajets. Ils revoient également leurs projets d’achat.
38 % des Européens déclarent avoir renoncé à changer de voiture récemment pour des raisons financières.
| Pays | Ont renoncé à changer de voiture |
|---|---|
| France | 44 % |
| Italie | 43 % |
| Royaume-Uni | 42 % |
| Allemagne | 41 % |
| Autriche | 39 % |
| Espagne | 32 % |
| Belgique | 27 % |
Le renouvellement automobile devient ainsi une dépense plus facilement reportable. Conserver son véhicule actuel quelques années supplémentaires peut permettre d’éviter une nouvelle mensualité ou un investissement important.
L’entretien automobile commence lui aussi à être arbitré
Un autre résultat est particulièrement révélateur des tensions sur le budget automobile : 30 % des automobilistes européens ont récemment différé des opérations d’entretien ou des réparations considérées comme non urgentes.
La proportion atteint 34 % en France et 36 % en Espagne.
Le phénomène montre que lorsque le budget devient serré, la recherche d’économies ne porte plus uniquement sur l’achat ou le carburant. L’entretien peut également être repoussé lorsqu’il ne paraît pas immédiatement indispensable.
30 %
ont retardé certains entretiens ou réparations non urgents à cause de contraintes financières.
Les jeunes semblent construire une mobilité beaucoup plus flexible
Les différences générationnelles sont particulièrement intéressantes.
En France, 75 % des automobilistes âgés de 18 à 24 ans déclarent davantage marcher ou utiliser le vélo pour des raisons financières.
Ils sont également :
- 64 % à utiliser davantage les transports en commun ;
- 40 % à avoir davantage recours au covoiturage ;
- 48 % à avoir reporté certaines réparations ou opérations d’entretien.
Chez les jeunes automobilistes, la voiture semble donc davantage s’intégrer dans un ensemble de solutions de mobilité plutôt que constituer l’unique moyen de déplacement.
L’électrique séduit, mais l’hybride reste essentiel dans la transition
Malgré les tensions sur le pouvoir d’achat, les intentions de motorisation montrent une évolution du marché automobile européen.
Si les automobilistes devaient acheter une voiture demain, 60 % choisiraient un véhicule électrique ou hybride.
Comment se répartissent les intentions ?
- 21 % : voiture 100 % électrique ;
- 24 % : hybride rechargeable ;
- 15 % : hybride non rechargeable ;
- 27 % : essence ;
- 9 % : diesel ;
- 4 % : autres carburants alternatifs.
L’électrification devient donc majoritaire dans les intentions, mais ce résultat repose largement sur l’hybridation.
Les différentes technologies hybrides représentent ensemble 39 % des choix, contre 21 % pour le véhicule entièrement électrique.
Espagne et Italie se montrent les plus ouvertes aux motorisations électrifiées
Les préférences diffèrent sensiblement selon les marchés automobiles.
| Pays | Électrique ou hybride |
|---|---|
| Espagne | 70 % |
| Italie | 66 % |
| Royaume-Uni | 63 % |
| France | 60 % |
| Allemagne | 56 % |
| Belgique | 54 % |
| Autriche | 50 % |
Le Royaume-Uni présente par ailleurs une particularité : 31 % des automobilistes britanniques choisiraient directement une voiture électrique, soit une proportion nettement supérieure aux 19 % observés en France.
Le prix du carburant demeure une préoccupation majeure
La transition vers d’autres motorisations n’efface pas immédiatement la question du carburant. Les véhicules thermiques représentent encore une part importante du parc automobile européen.
Or 95 % des automobilistes estiment que les tensions internationales auront un effet durable sur les prix à la pompe.
Cette inquiétude explique probablement pourquoi les mesures de protection du pouvoir d’achat rencontrent un soutien aussi élevé.
92 % des automobilistes européens souhaitent limiter les hausses à la pompe
Interrogés sur la mise en place d’un bouclier tarifaire destiné à contenir les augmentations du prix des carburants, 92 % des automobilistes européens se déclarent favorables à cette mesure.
Le consensus traverse tous les pays étudiés :
- 96 % en Italie ;
- 93 % en France ;
- 92 % au Royaume-Uni ;
- 91 % en Allemagne ;
- 91 % en Autriche ;
- 91 % en Espagne ;
- 90 % en Belgique.
Un point commun européen : malgré des marchés automobiles, des infrastructures et des habitudes différentes, la volonté de limiter l’impact de la hausse du carburant fait quasiment consensus.
En France, 98 % des automobilistes jugent la voiture chère à utiliser
Le cas français illustre particulièrement bien cette tension entre nécessité et coût.
98 % des automobilistes français considèrent aujourd’hui que se déplacer en voiture individuelle est cher.
44 % parlent même d’un coût « très cher », tandis que 54 % le qualifient de « plutôt cher ». À l’inverse, seuls 2 % considèrent que l’utilisation d’une voiture reste bon marché.
Ce sentiment rejoint les adaptations déjà observées : moins de déplacements, recours accru à la marche ou au vélo et renouvellement du véhicule différé.
- Des déplacements non essentiels sont supprimés.
- La marche et le vélo sont davantage utilisés.
- Les transports en commun servent davantage d’alternative.
- Les automobilistes gardent leur voiture plus longtemps.
- Certaines opérations d’entretien sont différées.
- L’intérêt pour l’électrique et surtout l’hybride progresse.
Une transformation de la mobilité davantage subie que choisie ?
Les résultats dressent finalement le portrait d’automobilistes européens qui ne renoncent pas réellement à la voiture, mais qui réorganisent leur quotidien pour pouvoir continuer à l’utiliser.
La transition observée est donc particulière. Les mobilités douces et les transports en commun progressent, mais cette évolution est en partie provoquée par une contrainte économique. Dans le même temps, la voiture reste jugée indispensable par près de neuf automobilistes sur dix.
Le marché automobile doit ainsi répondre à deux attentes qui peuvent sembler contradictoires : proposer des véhicules plus économes ou davantage électrifiés tout en maintenant un coût d’accès compatible avec le budget des ménages.
Dans les prochaines années, le prix pourrait donc devenir aussi déterminant que la technologie dans l’évolution de la mobilité européenne.
FAQ sur le coût de la mobilité en Europe
Combien d’Européens trouvent leurs déplacements de plus en plus chers ?
95 % des automobilistes interrogés estiment que le coût des déplacements augmente.
Les automobilistes réduisent-ils réellement leurs déplacements ?
Oui. 64 % indiquent avoir récemment réduit leurs déplacements non essentiels pour des raisons financières.
Les Européens peuvent-ils facilement se passer de voiture ?
Pour la majorité, non. 88 % déclarent qu’ils ne pourraient pas se déplacer comme ils le souhaitent sans voiture.
Pourquoi les automobilistes gardent-ils leur véhicule plus longtemps ?
Les contraintes financières jouent un rôle important : 38 % déclarent avoir renoncé récemment à changer de voiture.
Quelle motorisation choisirait la majorité des Européens ?
60 % opteraient pour une voiture électrique ou hybride s’ils devaient acheter un véhicule demain.
Les automobilistes européens veulent-ils une limitation du prix du carburant ?
92 % se déclarent favorables à un bouclier tarifaire destiné à limiter la hausse du prix des carburants.
Méthodologie
Source : Sondage OpinionWay pour AramisAuto sur les attentes des Européens en matière de mobilité.
Échantillon : 7 036 automobilistes interrogés en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en Italie et en Espagne.
Recueil : questionnaire auto-administré en ligne.
Dates : du 14 au 23 avril 2026.
Rapport : mai 2026.