# Comment bien préparer son véhicule au contrôle technique ?
Le contrôle technique représente un passage obligatoire pour tout propriétaire de véhicule de plus de quatre ans en France. Cette vérification périodique, renouvelée tous les deux ans, permet de garantir que votre automobile respecte les normes de sécurité et environnementales en vigueur. Avec l’évolution de la réglementation depuis 2018, les exigences se sont considérablement renforcées : aujourd’hui, 133 points de contrôle sont scrutés, répartis en 610 défaillances possibles dont 470 peuvent entraîner une contre-visite. Les statistiques révèlent qu’un véhicule sur cinq ne passe pas le contrôle du premier coup, générant ainsi des frais supplémentaires et des démarches administratives chronophages. Comprendre les points critiques à vérifier avant ce rendez-vous devient donc essentiel pour éviter les mauvaises surprises et circuler en toute légalité.
Vérification des systèmes de freinage et d’usure des plaquettes
Le système de freinage constitue l’un des éléments les plus cruciaux lors de l’examen technique, représentant 5,28% des causes de contre-visite selon le bilan de l’Organisme Technique Central de 2023. Un freinage défaillant met directement en péril votre sécurité et celle des autres usagers de la route. La vérification de ce système doit être minutieuse et complète, couvrant l’ensemble des composants qui assurent le ralentissement et l’immobilisation de votre véhicule.
Avant de vous présenter au centre de contrôle, prenez le temps d’évaluer le comportement de votre véhicule lors des phases de freinage. Un déport vers la droite ou la gauche, des bruits anormaux comme des grincements ou des vibrations au niveau de la pédale constituent autant de signaux d’alerte qu’il convient de prendre au sérieux. Ces symptômes révèlent souvent une usure avancée des plaquettes ou une détérioration des disques nécessitant une intervention rapide.
Contrôle du liquide de frein et niveau du réservoir maître-cylindre
Le liquide de frein joue un rôle fondamental dans la transmission hydraulique de la pression exercée sur la pédale vers les étriers de frein. Son niveau doit impérativement se situer entre les repères minimum et maximum gravés sur le réservoir du maître-cylindre. Un niveau trop bas peut indiquer une fuite dans le circuit hydraulique ou une usure importante des garnitures de frein. La couleur du liquide mérite également votre attention : un fluide trop foncé, presque noir, signale une contamination ou une dégradation qui nécessite un remplacement complet.
Les propriétés hygroscopiques du liquide de frein le rendent sensible à l’absorption d’humidité au fil du temps. Cette caractéristique altère progressivement son point d’ébullition, ce qui peut provoquer une perte d’efficacité du freinage lors d’utilisations intensives. Les experts recommandent généralement un renouvellement tous les deux ans pour maintenir des performances optimales, même si le niveau semble correct.
Mesure de l’épaisseur minimale des disques et tambours de frein
L’épaisseur des disques de frein constitue un critère technique précis que les contrôleurs vérifient systématiquement. Chaque disque possède une épaisseur minimale d’usinage définie par le constructeur, généralement gravée sur la tranche du disque lui-même. Lorsque cette limite est atteinte ou dépassée, le disque doit être remplacé car il ne peut plus dissiper correctement la chaleur générée lors
la décélération. Des disques trop fins chauffent plus vite, se voilent plus facilement et augmentent les distances de freinage, ce qui peut conduire à une défaillance majeure lors du contrôle technique.
Pour vérifier cette épaisseur, un mécanicien utilise généralement un pied à coulisse ou un outil de mesure spécifique. Si vous avez le moindre doute sur l’usure de vos disques ou tambours, surtout au-delà de 80 000 à 100 000 km, il est préférable de les faire contrôler en atelier. Les tambours de frein à l’arrière, encore fréquents sur certains véhicules citadins, sont soumis à la même logique : une usure excessive ou une surface intérieure trop marquée réduit l’efficacité du freinage et peut être signalée lors de l’examen.
Gardez en tête qu’il est fortement recommandé de remplacer les disques et les plaquettes par essieu (gauche et droite en même temps) pour garantir un freinage équilibré. Un montage asymétrique peut provoquer un déséquilibre au freinage, facilement détectable sur les bancs de test du centre de contrôle technique. En préparant ces éléments en amont, vous limitez considérablement le risque de contre-visite liée au freinage.
Inspection des flexibles hydrauliques et détection des fuites
Les flexibles de frein, qui relient les canalisations rigides aux étriers, sont soumis à de fortes contraintes mécaniques et thermiques. Avec le temps, le caoutchouc peut se craqueler, se déformer ou suinter, entraînant des microfuites de liquide de frein. Avant votre contrôle technique, inspectez visuellement ces flexibles lorsque les roues sont braquées à fond : recherchez des traces d’humidité, de gonflement localisé ou de fissures apparentes.
Une fuite, même légère, est prise très au sérieux par les contrôleurs, car elle compromet directement l’intégrité du circuit hydraulique. Sur le sol de votre emplacement de stationnement, la présence de petites taches huileuses près des roues peut également trahir un suintement. Dans ce cas, il ne faut pas attendre : un remplacement des flexibles doit être réalisé sans délai par un professionnel, car un flexible qui lâche brusquement peut entraîner une perte quasi totale de freinage.
Vous remarquez une pédale de frein plus « molle » qu’à l’habitude ou un enfoncement progressif lorsque vous maintenez la pression ? Cela peut signifier la présence d’air dans le circuit ou un début de fuite. Une purge du circuit de freinage, associée à un contrôle approfondi des conduites rigides et flexibles, s’impose alors avant la visite au centre de contrôle.
Test de l’efficacité du frein à main et réglage du câble
Le frein de stationnement, couramment appelé frein à main, fait partie des points de contrôle systématiques. Il doit pouvoir maintenir efficacement le véhicule à l’arrêt, y compris sur une pente marquée. Un test simple consiste à vous stationner sur une légère montée, à serrer le frein à main et à vérifier que le véhicule ne se déplace pas, même légèrement. Si vous devez lever la poignée au maximum pour obtenir un blocage, un réglage du câble est probablement nécessaire.
Sur de nombreux véhicules, le frein de stationnement agit sur les freins arrière par l’intermédiaire de câbles mécaniques susceptibles de se détendre avec le temps. Un câble détendu, grippé ou endommagé est facilement détecté sur les bancs de freinage utilisés lors du contrôle technique, qui mesurent la force de freinage roue par roue. Un déséquilibre important entre les deux roues arrière, ou une force globale insuffisante, conduit souvent à une défaillance majeure et donc à une contre-visite.
Avant l’échéance de votre contrôle, faites vérifier le réglage du frein à main et l’état des câbles, en particulier si votre véhicule a plusieurs années ou si vous avez l’habitude de le garer dans des zones fortement exposées à l’humidité. Sur les modèles récents équipés de frein de stationnement électrique, un voyant au tableau de bord ou un fonctionnement irrégulier (blocage, message d’erreur) doit vous alerter et vous amener à consulter rapidement un spécialiste.
Diagnostic du système d’éclairage et de signalisation réglementaire
L’éclairage et la signalisation de votre véhicule représentent près de 9% des motifs de contre-visite, selon les dernières données publiées par l’OTC. Pourtant, la plupart des anomalies, de la rénovation des phares opaques au simple remplacement d’ampoule, peuvent être détectées et corrigées très simplement avant le rendez-vous. Un système d’éclairage en bon état est indispensable pour « voir et être vu » en toutes circonstances, de jour comme de nuit, et constitue un pilier de la sécurité routière.
Avant de présenter votre voiture au contrôle technique, faites un tour complet du véhicule, phares allumés, puis demandez à une personne de vous aider pour vérifier le bon fonctionnement de tous les feux : croisement, route, position, clignotants, feux stop, antibrouillards avant et arrière, éclairage de plaque. Un simple changement d’ampoule ou un nettoyage d’optique peut suffire à éviter un refus du contrôle.
Remplacement des ampoules H4, H7 et LED défectueuses
Les ampoules de type H4 et H7 sont encore très répandues sur de nombreux véhicules, en particulier pour les feux de croisement et de route. Avec le temps, elles perdent en intensité lumineuse avant de griller totalement. Si vous constatez un éclairage plus jaune, moins puissant ou des variations de luminosité, il est judicieux de remplacer les ampoules par paire avant le contrôle technique, afin de garantir une symétrie d’éclairage.
Sur les véhicules modernes équipés de feux LED ou xénon, le remplacement est souvent plus complexe et nécessite parfois une intervention en atelier. N’attendez pas qu’un voyant d’alerte s’allume ou qu’un contrôleur signale le défaut pour agir : un feu de croisement ou de stop inopérant est considéré comme une défaillance majeure. Pensez également à vérifier les ampoules de plaque d’immatriculation, souvent oubliées, mais pourtant contrôlées.
Vous hésitez sur le type d’ampoule adapté à votre véhicule ? Reportez-vous au manuel d’utilisation ou à l’étiquette située à l’arrière du bloc optique. Remplacer une ampoule avant le contrôle technique est une opération simple, peu coûteuse et qui peut vous éviter une contre-visite pour un défaut facilement évitable.
Vérification de l’alignement des faisceaux optiques au régloscope
Un phare correctement orienté doit éclairer suffisamment la chaussée sans éblouir les conducteurs venant en sens inverse. Or, un choc sur le pare-chocs, un changement de ressorts de suspension ou une mauvaise manipulation peut dérégler l’alignement des optiques. Au contrôle technique, cet alignement est vérifié à l’aide d’un régloscope, un appareil qui mesure précisément la hauteur et la direction du faisceau lumineux.
Si vos phares semblent éclairer trop près du véhicule, trop haut ou de façon asymétrique, il est recommandé de faire réaliser un réglage dans un garage avant la visite. Ce réglage, souvent rapide, améliore non seulement votre sécurité de nuit, mais réduit aussi le risque de remarque au contrôle. Un éblouissement répété des conducteurs croisés est d’ailleurs un bon indicateur que vos feux de croisement sont trop hauts.
On peut comparer l’alignement des phares au calibrage d’un projecteur dans une salle de spectacle : mal orienté, le faisceau n’éclaire pas la bonne zone et gêne le public. De la même manière, un bon réglage de vos optiques assure un éclairage optimal de la route, tout en respectant les autres usagers.
Contrôle des clignotants, feux stop et système antibrouillard
Les dispositifs de signalisation, tels que les clignotants, les feux de détresse et les feux stop, permettent de communiquer vos intentions de changement de direction ou de freinage aux autres automobilistes. Un clignotant qui ne fonctionne plus, un feu stop central inopérant ou un feu antibrouillard arrière défectueux constituent autant de motifs fréquents de défaillance. Avant de vous rendre au contrôle technique, activez tour à tour ces fonctions et vérifiez leur bon fonctionnement.
Le contrôleur technique s’assure également de la régularité du clignotement, généralement autour de 90 battements par minute. Une cadence anormalement rapide signale souvent une ampoule grillée ou un mauvais contact. Les feux antibrouillards, eux, doivent être utilisés uniquement dans des conditions de visibilité réduite, mais leur bon état est tout de même vérifié lors de l’examen.
Vous pouvez demander à un proche de se placer à l’arrière du véhicule pendant que vous actionnez les commandes, ou utiliser le reflet d’une vitre ou d’un mur pour vérifier l’allumage. Ce contrôle simple, réalisé quelques jours avant la date du rendez-vous, suffit souvent à identifier une ampoule à remplacer ou une douille à nettoyer.
Test des témoins lumineux du tableau de bord
Les témoins lumineux du tableau de bord constituent une interface essentielle entre vous et les systèmes électroniques de votre véhicule. Lors de la mise du contact, la plupart des voyants s’allument brièvement avant de s’éteindre, indiquant un autotest réussi. Si certains restent allumés en permanence, notamment ceux liés au système de freinage, à l’ABS, à l’airbag ou au moteur, cela peut entraîner une remarque ou une défaillance au contrôle technique.
Un voyant moteur orange (souvent accompagné du terme check engine) peut signaler un dysfonctionnement affectant les émissions polluantes, sujet particulièrement surveillé depuis le renforcement des normes. De même, un témoin d’airbag allumé révèle un problème de sécurité passive que le contrôleur ne peut ignorer. Dans ces cas, un passage à la valise de diagnostic pour lire et effacer les codes défauts s’impose avant la visite.
Pensez aussi à vérifier le bon fonctionnement des témoins « clignotants », feux de route, antibrouillard ou voyant de frein à main. Un tableau de bord clair, sans voyants d’alerte persistants, est souvent le signe d’un véhicule bien entretenu et réduit considérablement le risque de contre-visite pour des raisons électroniques ou de sécurité.
Contrôle antipollution et système d’échappement catalytique
Depuis plusieurs années, le volet antipollution du contrôle technique a pris une importance majeure, dans un contexte de durcissement des normes environnementales et de lutte contre les émissions nocives. Les contrôleurs vérifient non seulement les fumées en sortie d’échappement, mais aussi l’intégrité de la ligne et le bon fonctionnement des systèmes de dépollution. Un véhicule qui fume anormalement ou dont le catalyseur est défaillant s’expose à une contre-visite, voire à une défaillance critique dans les cas extrêmes.
En préparant correctement votre voiture avant cette étape, vous contribuez à limiter votre empreinte environnementale tout en augmentant vos chances de réussite du premier coup. Un entretien régulier du moteur, des filtres et du système d’échappement est à la fois bénéfique pour la planète, votre portefeuille (consommation maîtrisée) et le résultat de votre contrôle technique.
Analyse des émissions CO et HC pour moteurs essence
Pour les motorisations essence, le contrôle antipollution porte principalement sur le taux de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrocarbures imbrûlés (HC) à l’échappement. Ces mesures sont effectuées à l’aide d’un analyseur de gaz, moteur au ralenti puis à un régime stabilisé. Des valeurs trop élevées indiquent une combustion incomplète, souvent liée à un mauvais réglage de l’injection, une sonde lambda défaillante ou un catalyseur en fin de vie.
Avant de présenter votre véhicule, il peut être utile de réaliser un trajet d’au moins une vingtaine de kilomètres sur voie rapide, afin de porter le moteur et le catalyseur à bonne température. Cette « montée en température » aide à brûler les résidus accumulés dans la ligne d’échappement et améliore l’efficacité du traitement des gaz. Un entretien récent (bougies, filtre à air, vidange) contribue également à optimiser la combustion et donc à réduire les émissions CO et HC.
Vous avez remarqué une hausse de votre consommation de carburant ou des ratés à l’accélération ? Ces symptômes traduisent parfois un mélange air-carburant déséquilibré, qui se répercutera directement sur les valeurs mesurées au contrôle antipollution. Dans ce cas, un diagnostic en atelier s’impose pour éviter une contre-visite pour dépassement des seuils réglementaires.
Mesure de l’opacité des fumées pour moteurs diesel
Pour les véhicules diesel, l’examen se concentre sur l’opacité des fumées, c’est-à-dire leur densité. Concrètement, le contrôleur effectue plusieurs accélérations franches au point mort, tout en mesurant la quantité de particules émises grâce à un opacimètre. Un résultat trop élevé traduit souvent un encrassement du circuit d’admission, des injecteurs ou du filtre à particules, voire une défaillance de ce dernier.
Pour limiter ce risque, il est vivement recommandé de rouler régulièrement sur autoroute à régime soutenu, plutôt que d’utiliser exclusivement le véhicule en ville sur de courtes distances. Ce type d’utilisation urbaine favorise l’encrassement et empêche la régénération correcte du filtre à particules. Avant le contrôle technique, un trajet d’au moins 30 minutes sur voie rapide peut aider à « décrasser » le moteur.
Il existe également des additifs spécifiques à ajouter au carburant, destinés à nettoyer le circuit d’injection et à réduire les fumées. S’ils ne remplacent pas un diagnostic mécanique, ils peuvent constituer un complément intéressant, particulièrement pour un moteur diesel de fort kilométrage approchant la date de contrôle. Là encore, l’objectif est de réduire au maximum les risques de dépassement des valeurs d’opacité réglementaires.
Inspection du pot catalytique et de la ligne d’échappement
Le catalyseur, ou pot catalytique, est un élément clé du système de dépollution. Situé sur la ligne d’échappement, il transforme une partie des gaz nocifs (CO, HC, NOx) en composés moins polluants. Un catalyseur fissuré, bouché ou vidé de sa céramique interne ne remplit plus son rôle et peut entraîner des valeurs d’émissions non conformes. De plus, une ligne d’échappement percée ou mal fixée est un motif classique de défaillance lors du contrôle technique.
Avant le rendez-vous, inspectez visuellement la ligne d’échappement dans la mesure du possible : recherchez les traces de corrosion avancée, de soudures fragilisées ou de silentblocs cassés. Un bruit d’échappement plus grave ou métallique qu’à l’habitude est souvent le signe d’un trou ou d’une casse interne. N’hésitez pas à secouer légèrement le pot d’échappement (moteur froid) : un cliquetis interne peut trahir un catalyseur désolidarisé.
On peut comparer la ligne d’échappement au système respiratoire d’un organisme : si un conduit est bouché ou percé, la circulation des gaz est perturbée, ce qui affecte l’ensemble du fonctionnement. En vérifiant et en remplaçant, si nécessaire, les éléments fatigués avant le contrôle, vous réduisez les risques de défaillances majeures liées au bruit, à la fixation ou aux émissions polluantes.
Vérification du système OBD et diagnostic des codes erreur moteur
Les véhicules récents sont équipés d’un système de diagnostic embarqué, appelé OBD (On Board Diagnostics), qui surveille en permanence le bon fonctionnement du moteur et des dispositifs de dépollution. Lors du contrôle technique, le contrôleur peut être amené à interroger ce système via la prise OBD, afin de vérifier l’absence de codes défauts actifs, notamment ceux liés aux émissions.
Un voyant moteur allumé au tableau de bord indique généralement qu’un code erreur est enregistré. Même si le véhicule semble fonctionner normalement, ce défaut peut conduire à une remarque ou à une contre-visite. Avant la date du contrôle, il est donc judicieux de faire lire ces codes par un professionnel ou à l’aide d’une valise de diagnostic grand public, puis de corriger l’origine du problème plutôt que de simplement effacer le voyant.
Cette étape permet non seulement de sécuriser le résultat du contrôle technique antipollution, mais aussi de prévenir une panne plus grave. Ignorer un code défaut moteur revient un peu à rouler avec un voyant d’alarme allumé sur le tableau de bord d’un avion : le vol est peut-être encore possible, mais le risque augmente à mesure que l’on repousse l’intervention.
Examen des pneumatiques et géométrie du train roulant
Les pneumatiques constituent le seul point de contact entre votre véhicule et la chaussée. Leur état influe directement sur la tenue de route, les distances de freinage et la stabilité en courbe. Selon les bilans nationaux, plus de 10% des contre-visites sont liées aux liaisons au sol, principalement aux pneus. Un contrôle rigoureux de vos gommes avant le passage au contrôle technique est donc indispensable.
Au-delà de l’usure, les contrôleurs vérifient également la concordance des dimensions avec la carte grise, l’absence de déformations ou de coupures, ainsi que la cohérence des pneus montés sur un même essieu. Des pneumatiques négligés peuvent transformer une simple formalité en sérieuse déconvenue, voire en immobilisation du véhicule en cas de défaillance critique.
Mesure de la profondeur des sculptures et témoin d’usure à 1,6 mm
La réglementation impose une profondeur minimale de sculpture de 1,6 mm sur la bande de roulement principale. En deçà de ce seuil, l’adhérence, en particulier sur sol mouillé, chute drastiquement, augmentant fortement le risque d’aquaplaning. Pour vérifier cette profondeur, vous pouvez utiliser un jaugeur d’usure spécifique ou vous repérer aux témoins d’usure intégrés dans les rainures du pneu.
Lorsque la surface de roulement arrive au même niveau que ces témoins, cela signifie que la limite légale est quasiment atteinte. Attendre le dernier moment pour remplacer vos pneus peut vous exposer à une défaillance majeure lors du contrôle technique, mais aussi à des situations dangereuses au quotidien. Il est souvent recommandé d’anticiper le remplacement dès 2 à 3 mm de sculpture restante, notamment pour un usage intensif ou en région très pluvieuse.
Vous hésitez à évaluer vous-même cette profondeur ? Certains centres et garages proposent un diagnostic gratuit de vos pneumatiques, sans engagement. Cette simple visite vous donnera une vision claire de l’état de vos pneus avant le contrôle technique et vous permettra, le cas échéant, de programmer un remplacement dans de bonnes conditions.
Détection des hernies, craquelures et déformations de flanc
L’usure visible de la bande de roulement n’est pas le seul critère à surveiller. Les flancs des pneus peuvent présenter des hernies (gonflements localisés), des coupures, des craquelures ou des déformations liées à un choc contre un trottoir ou un nid-de-poule. Ces défauts structurels affaiblissent considérablement la résistance du pneu et peuvent conduire à une rupture brutale, notamment à haute vitesse.
Avant le contrôle technique, braquez les roues à fond et inspectez attentivement les flancs intérieurs et extérieurs de chaque pneu. Une hernie, même de petite taille, sera considérée comme une défaillance majeure par le contrôleur, car elle traduit un endommagement de la nappe interne. De même, des craquelures profondes ou une déformation inhabituelle du profil justifient un remplacement immédiat.
Un pneu peut paraître encore bien sculpté tout en étant dangereux à cause d’un flanc fragilisé. Il en va un peu comme d’une chaussure de randonnée dont la semelle serait intacte mais la tige déchirée : l’ensemble ne tient plus correctement et risque de céder au moment le moins opportun. En cas de doute, ne prenez pas de risque et faites vérifier vos pneumatiques par un professionnel.
Contrôle de la pression de gonflage selon préconisations constructeur
La pression de gonflage influence à la fois la tenue de route, l’usure des pneus et la consommation de carburant. Des pneus sous-gonflés s’échauffent davantage, s’usent prématurément sur les épaules et augmentent la distance de freinage. À l’inverse, un surgonflage entraîne une usure accélérée au centre de la bande de roulement et réduit le confort. Avant le contrôle technique, il est donc essentiel d’ajuster la pression au niveau recommandé par le constructeur.
Ces valeurs sont généralement indiquées sur une étiquette collée dans l’encadrement de porte conducteur, dans la trappe à carburant ou dans le manuel du véhicule. Contrôlez la pression à froid, de préférence le matin, et n’oubliez pas la roue de secours si votre véhicule en est équipé. Un contrôleur attentif peut en effet vérifier son état, même si la roue galette est moins souvent prise en défaut.
Un bon réglage de pression améliore également le comportement dynamique du véhicule, ce qui peut se ressentir lors des essais de freinage au banc. De plus, un entretien régulier des pneus et de leur pression peut vous faire économiser jusqu’à 8% de carburant, tout en prolongeant leur durée de vie et en sécurisant votre passage au contrôle technique.
Inspection du système de direction et des rotules de suspension
Le système de direction et les éléments de suspension assurent la stabilité de votre véhicule et sa capacité à suivre fidèlement la trajectoire souhaitée. Des jeux excessifs, des rotules usées ou des silentblocs fissurés peuvent provoquer des bruits, des vibrations ou une tenue de route aléatoire, en particulier lors des freinages et des passages en courbe. Ces défauts sont minutieusement recherchés lors du contrôle technique, notamment sur le pont élévateur.
Avant la visite, soyez attentif aux symptômes suivants : direction qui claque en manœuvre, volants de direction qui ne revient pas correctement en sortie de virage, véhicule qui tire d’un côté sans vent latéral, usure irrégulière des pneus (plus marquée à l’intérieur ou à l’extérieur). Ces signes peuvent révéler un problème de rotule de direction, de triangle de suspension ou de géométrie du train roulant.
Une simple vérification en atelier permet de détecter un jeu anormal en faisant levier sur les roues ou en manipulant les barres de direction. En cas de défaut, le remplacement des rotules ou des silentblocs avant le contrôle technique est indispensable pour éviter une défaillance majeure. Vous gagnez ainsi en sécurité et en confort de conduite, tout en préservant vos pneumatiques d’une usure prématurée.
Vérification de la carrosserie, pare-brise et rétroviseurs homologués
Si la mécanique est au cœur du contrôle technique, l’état de la carrosserie, du pare-brise et des rétroviseurs n’est pas à négliger. Des éléments mal fixés, saillants ou détériorés peuvent représenter un danger pour les autres usagers de la route et sont donc susceptibles d’être signalés comme défaillances. Une inspection visuelle attentive de l’extérieur de votre véhicule quelques jours avant le rendez-vous est un réflexe simple et efficace.
Commencez par vérifier l’ouverture et la fermeture de toutes les portes, du capot et du coffre. Les poignées doivent fonctionner correctement, de l’intérieur comme de l’extérieur, et aucune partie de la carrosserie ne doit être prête à se détacher (pare-chocs fissuré, bavette pendante, aile fortement rouillée). Les plaques d’immatriculation, à l’avant comme à l’arrière, doivent être solidement fixées, lisibles et conformes au format réglementaire (SIV ou FNI).
Le pare-brise fait l’objet d’une attention particulière : toute fissure supérieure à 30 cm ou tout impact de plus de 3 cm dans la zone de balayage des essuie-glaces peut constituer une défaillance majeure. Les impacts plus petits, situés hors du champ de vision direct du conducteur, sont en revanche généralement tolérés. Si vous avez un doute, mieux vaut faire réparer ou remplacer le pare-brise avant la visite, d’autant que de nombreuses assurances prennent en charge tout ou partie de cette opération.
Enfin, contrôlez l’état et la fixation de vos rétroviseurs extérieurs et intérieur. Au moins deux des trois doivent être présents et en bon état de fonctionnement pour permettre une visibilité correcte de l’environnement. Un miroir fissuré, un boîtier fendu ou un rétroviseur mal fixé peut être signalé au contrôle technique, surtout s’il compromet la visibilité. En corrigeant ces défauts esthétiques et fonctionnels en amont, vous présentez un véhicule soigné, sécuritaire et prêt à franchir sereinement l’étape du contrôle technique.